Statut agent immobilier : conditions d’accès au métier | Recrutimmo

Statut de l’agent immobilier : se lancer dans le métier

statut-agent-immobilier-image
15/11/18

Vous souhaitez devenir agent immobilier ? Vous souhaitez mettre vos talents de négociateur à l’épreuve sur un secteur exigeant mais attractif ? Plusieurs statuts s’offrent à vous, chacun possédant ses propres avantages mais présentant aussi parfois ses inconvénients. Faisons le point sur le statut d’agent immobilier et les alternatives qui s’offrent à vous.

Le statut d’agent immobilier : une profession réglementée

Intermédiaire  incontournable d’une vente immobilière, la profession d’agent immobilier et son statut sont particulièrement exigeants. Est-ce le bon statut pour se lancer dans l’immobilier ?

Comprendre le statut d’agent immobilier

Pour bien comprendre le statut d’agent immobilier, il faut rappeler certaines notions importantes. En effet, on a souvent tendance à englober dans le statut d’agent immobilier, l’ensemble des professionnels qui travaillent en transaction immobilière : conseillers transaction, agents commerciaux, mandataires immobiliers, conseillers en immobilier commercial, ou conseillers location. 
En réalité, et la loi ELAN vient de le reconnaître officiellement ,le statut d’agent immobilier est un statut vraiment à part qui permet l’accès à la profession. 

Ainsi, le statut d’agent immobilier fait l’objet d’un encadrement strict par la loi. Seules les personnes détentrices d’une carte professionnelle officielle d’agent immobilier peuvent exercer cette profession. Mais l’obtention de cette carte est soumise à certaines conditions.

Les agents immobiliers doivent démontrer leurs aptitudes professionnelles, via l’obtention d’un diplôme reconnu : BTS « Professions immobilières », diplôme Bac+3 minimum sanctionnant des études juridiques, économiques ou commerciales, diplôme inscrit au RNCP de niveau II sanctionnant moi aussi des études juridiques, économiques ou commerciales, diplôme de l’institut des études économiques et juridiques appliquées à l’immobilier, la construction et l’habitat. Une expérience professionnelle acquise au sein d’une agence titulaire de la carte peut aussi permettre d’obtenir la carte : 10 ans à temps complet (4 ans pour un emploi de cadre) en tant que salarié.

Les agents immobiliers doivent aussi témoigner de leur moralité, et fournir pour cela le bulletin numéro 2 du casier judiciaire. 
Ils remplissent aussi différentes conditions pour exercer une activité à leur compte : attestation de garantie financière, attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle, immatriculation au RCS. 
La carte professionnelle est valable 3 ans et doit être renouvelée. En outre, pour obtenir son renouvellement, le détenteur de cette carte devra démontrer qu’il a suivi une formation continue d’au moins 28 heures.

Un rôle de chef d’entreprise

Un agent immobilier est un chef d’entreprise, qu’il dispose d’une agence immobilière avec des collaborateurs ou qu’il développe une activité en indépendant. La rémunération est variable et va notamment dépendre du chiffre d’affaires généré par les transactions ou les locations, de ses frais fixes et coûts variables : un agent immobilier qui exerce en indépendant à domicile a besoin d’un chiffre d’affaires plus faible pour générer des revenus confortables puisqu’il aura moins de coûts de structures.
Dans le cas d’une agence « classique », l’agent immobilier créera une société (SARL ou SAS) et sera donc soumis aux règles juridiques et fiscales applicables à ces sociétés.

Dans le second cas, il pourra opter pour un statut d’autoentrepreneur, qui lui permet de disposer de charges plus faibles et d’une franchise de TVA, tant qu’il ne dépasse pas un certain seuil de chiffre d’affaires.
Des connaissances en gestion sont donc précieuses pour développer son activité sans risquer la banqueroute. L’agent immobilier est en réalité un professionnel polyvalent, ayant une bonne culture générale de l’entreprise, de ses différents services et de ses enjeux.

Un agent immobilier qui développe sa propre agence va s’appuyer sur des collaborateurs externes ou internes à l’entreprise pour trouver de nouveaux mandats, recevoir les vendeurs comme les acheteurs, prospecter et mener les transactions ou locations à leur terme. Il fournit alors à chacun une attestation d’habilitation : celle-ci précise notamment l’étendue des pouvoirs accordés au négociateur immobilier, et les habilite à agir pour le compte du titulaire de la carte professionnelle dans certaines limites. L’agent immobilier est responsable des personnes qui travaillent pour lui, salariés ou agents commerciaux.

Qui peut devenir agent immobilier ?

Bien que réglementé, le statut d’agent immobilier est en réalité accessible à de nombreuses personnes. Pour autant, faut-il directement se lancer sous ce statut ? Ou privilégier une autre approche ? Si des candidats aux parcours variés peuvent ouvrir leur propre agence immobilière, certains profils auraient plus besoin que d’autres d’être accompagnés.

José, directeur commercial pour une entreprise d’informatique pendant 10 ans, est en quête de nouveaux challenges. Son diplôme d’école de commerce, BAC+5 sanctionnant des études commerciales, lui permet de remplir les conditions d’aptitudes. Il n’a eu que quelques contraventions pour petits excès de vitesse dans sa vie et peut fournir un extrait de casier judiciaire vierge. Enfin, il dispose des ressources financières pour se lancer, s’est immatriculé au RCS et a souscrit une assurance responsabilité civile. Il peut donc devenir agent immobilier. Nous lui conseillons néanmoins de se former en amont, de bien se renseigner sur les spécificités du secteur immobilier ou de choisir en premier lieu un autre statut pour aborder le marché et faire ses armes. En effet, en tant qu’agent immobilier, il va être soumis à certaines obligations auxquelles il ne peut pas déroger ! 

Sophie n’a pas obtenu son baccalauréat mais est une négociatrice hors pair. Après 12 ans de travail en agences immobilières titulaires de la carte, elle peut elle aussi se lancer à son compte. Elle dispose des ressources financières, connaît bien le secteur de l’immobilier et le marché des transactions sur sa région. Le statut d’agent immobilier est particulièrement favorable à Sophie, qui pourra ainsi mettre à profit son expérience et ses talents commerciaux pour développer sa propre agence.

Travailler dans l’immobilier sans être titulaire de la carte

Vous ne remplissez pas toutes les conditions pour devenir agent immobilier, ou vous ne souhaitez pas endosser le costume de chef d’entreprise et les responsabilités qui vont avec ? D’autres statuts vous permettent d’exercer dans l’immobilier et de profiter de rémunérations attractives, reposant sur vos volumes de ventes. 

Le négociateur immobilier salarié

Le négociateur immobilier peut avoir un statut de salarié et est lié à l’agence immobilière par un contrat de travail, le plus souvent un CDI. 

Ce salarié représente la personne bénéficiant du statut d’agent immobilier du chef d’entreprise auprès de la clientèle, intervient autant sur la prospection que sur le déroulement des ventes jusqu’à la signature. 
Sa rémunération se compose le plus souvent d’un salaire fixe, auquel viennent s’ajouter des commissions et éventuellement des primes trimestrielles, semestrielles et annuelles sur les objectifs : la rémunération est fixée par une négociation entre employeur et recruteur et peut être discutée lors de l’entretien annuel.

En ce qui concerne les commissions, on distingue en général le chiffre d’affaires réalisé sur l’entrée d’un mandat, simple ou exclusif, du chiffre d’affaires réalisé sur la vente de ce mandat. Ainsi, un collaborateur peut apporter un mandat, qui est vendu par un second, chacun d’entre eux bénéficiant d’une commission distincte.

Aucun diplôme particulier n’est requis pour exercer en tant que négociateur immobilier salarié. Toutefois, l’agent immobilier qui l’emploie doit lui fournir une attestation d’habilitation.

Dans le cadre de ce statut, le collaborateur bénéficie d’une fiche de paye mensuelle, l’employeur s’acquittant du paiement des charges salariales, patronales, et dorénavant de l’impôt (prélevé à la source).

L’agent commercial indépendant

L’agent commercial immobilier est un indépendant qui exerce à son compte. Il signe un contrat de mandat avec un professionnel ayant le statut d’agent immobilier titulaire d’une carte professionnelle en cours de validité. Il exerce alors une prestation de services conformément à l’article L134-1 du Code du commerce.

Ses obligations légales sont limitées, car elles se résument essentiellement à une demande d’immatriculation auprès du registre spécial des agents commerciaux (RSAC), qui est soumise au tribunal de commerce de la zone d’exercice. Il doit aussi avoir reçu une attestation d’habilitation de la part de l’agent immobilier.

La relation contractuelle entre l’agent immobilier et l’agent commercial ne relève pas du droit du travail : les règles de la convention collective ne s’appliquent pas à lui. Il n’est par ailleurs pas soumis au lien de subordination qui existe entre un employeur et ses salariés. L’agent commercial peut être indépendant (EIRL) ou micro-entrepreneur, mais il ne doit pas être constitué en société. 
Depuis la loi ENL 2006, l’agent commercial en immobilier peut signer des mandats. Il ne peut pas pour autant rédiger des promesses, des actes, ou prodiguer des conseils juridiques.

Sur le même modèle que le collaborateur immobilier salarié, il va percevoir des commissions liées à l’entrée ou à la sortie d’un mandat. Toutefois, ne disposant pas de salaire fixe, le montant de ces commissions, sera plus important, d’autant plus qu’il restera à sa charge le paiement de ses charges sociales directement auprès des URSSAF.

Ce statut est recommandé aux commerciaux aguerris, car la rémunération dépend des montants des transactions réalisées. En d’autres termes : aucune vente, aucuns revenus ! Vous devez aussi prévoir un matelas financier lorsque vous vous lancerez. En effet, une inertie de quelques semaines à plusieurs mois existe entre les premières prises de contact avec acheteurs ou vendeurs et les conclusions des premières ventes. Ce statut est également conciliable avec une indemnisation Pôle Emploi, qui permet de bénéficier de ses droits pendant le lancement d’une activité indépendante.

Les réseaux de mandataires immobiliers

Les réseaux de mandataires immobiliers ne disposent pas d’implantations physiques. Ils s’appuient sur des agents mandataires qui travaillent à domicile et profitent notamment des opportunités offertes par la digitalisation des recherches de biens immobiliers. Rejoindre un réseau demande de s’acquitter d’une redevance mensuelle s’élevant à plusieurs centaines d’euros. Mais le choix du réseau est intéressant pour se lancer, car celui-ci possède une certaine notoriété et propose souvent des services ajoutés comme des packs comprenant notamment des formations.

Parmi les réseaux les plus connus en France, citons Capifrance, Optimhome, ou encore Safti.
Vous souhaitez rejoindre un réseau de mandataires ? Vous devez prévoir une réserve d’argent pour faire face aux premiers mois toujours difficiles, avant que les premières transactions ne se concluent et entraînent le versement des commissions. 

Des alternatives au statut d’agent immobilier 

Nous venons de le voir : des alternatives au statut d’agent immobilier permettent d’exercer une profession à vocation commerciale sans pour autant être titulaire de la carte professionnelle. Ces statuts permettent aussi parfois d’acquérir de l’expérience avant de se lancer et de créer sa propre agence.

Mais quel statut choisir ?  Vous devrez vous décider en fonction de votre appétence au risque, de vos compétences en négociation commerciale et des opportunités qui s’offrent à vous : rejoindre une agence dynamique sur un marché porteur est parfois préférable à un poste en CDI dont la rémunération est moins attractive.

Vous êtes prêt à franchir le pas ? Déposez votre CV sur Recrutimmo et consultez les offres des recruteurs partout en France !