Reconversion dans l'immobilier : aides et formations

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09/06/20

La mobilité professionnelle est un sujet en plein essor en France. Selon une enquête réalisée par l’Ifop en 2019, près d’un Français sur trois pense changer au moins 3 fois de métier au cours de sa carrière. Et ils sont 38% à avoir connu une mobilité liée à leur travail pendant les cinq dernières années. Bénéficiant d’une image positive, le secteur de l’immobilier intéresse tout particulièrement un nombre croissant de Français. Mais une reconversion dans l’immobilier ne s’improvise pas. Pour réussir votre projet, vous devez connaître les dispositifs d’aides proposés par les acteurs, privés ou associatifs, et identifier les formations les plus pertinentes.

Quelles aides et formations pour réussir sa reconversion dans l’immobilier ?

Trouver sa voie dans l’immobilier

L’image qui vient à l’esprit d’une majorité de candidats à la reconversion est celle de l’agent immobilier, avec une image souvent idéalisée de ce métier. Nous vous invitons d’ailleurs à consulter à ce sujet notre article dédié à la reconversion en agent immobilier. Mais de nombreuses autres professions sont associées au secteur immobilier et offrent des opportunités d’emploi élevées : le métier d’agent immobilier n’est en réalité qu’une possibilité parmi bien d’autres !

Des filières variées et de nombreux métiers

L’immobilier se divise en plusieurs grandes filières, qui s’appuient toutes sur des compétences spécifiques et proposent des métiers variés. Le secteur de la transaction repose essentiellement sur les agences immobilières. L’agent immobilier, profession réglementée, travaille avec des négociateurs et agents commerciaux qui n’ont pas besoin de détenir une carte professionnelle pour obtenir des mandats, proposer des propriétés et négocier en amont les termes de la vente. Mais d’autres métiers à dominante commerciale sont accessibles en reconversion : les agences immobilières ont par exemple besoin d’assistants commerciaux, ou de conseillers spécialisés dans la location. Le secteur de la gestion est animé notamment par les administrateurs de biens et les bailleurs sociaux. Les compétences administratives sont valorisées, ainsi que les métiers autour du service : des comptables, des assistants de gestion, des gestionnaires de copropriété, des property managers sont régulièrement recrutés. Le secteur de la construction propose un grand choix de métiers. Les métiers les plus qualifiés demandent des formations spécifiques parfois longues, et s’inscrivent dans un projet longuement mûri, quand d’autres professions sont tout à fait accessibles dans un projet de reconversion. L’artisanat peut offrir des perspectives épanouissantes dans des projets de rénovation ou de construction. Le secteur de la promotion fonde son dynamisme sur les promoteurs immobiliers. Les métiers proposés peuvent faire appel à des compétences techniques ou commerciales. On recrute en effet des spécialistes de l’assistance en maîtrise d’ouvrage, des coordinateurs SPS, mais aussi des négociateurs spécialisés dans la vente en l’état futur d’achèvement (VEFA), ou encore des professionnels du suivi client ou de la gestion du service après-vente. Le secteur de la finance et du conseil s’intéresse de près à l’immobilier, dont les coûts de construction, d’achat et d’entretien mobilisent des ressources considérables. Les organismes financiers portent cette filière, avec des banques et des gestionnaires de patrimoine, mais aussi des sociétés civiles immobilières spécialisées. Le secteur de l’immobilier a aussi besoin de métiers moins spécifiques, qui sont indispensables au bon fonctionnement des entreprises : des postes sont à pourvoir dans les services comptables, financiers, juridiques, communication et marketing… Le choix du secteur immobilier devient alors une option parmi d’autres. Pour réussir votre reconversion dans l’immobilier, vous devez commencer par choisir une spécialité ou un métier adapté à vos aspirations et à votre projet de vie : et ce n’est pas forcément celui d’agent immobilier !

Réaliser un bilan de compétences

Le bilan de compétences permet de faire un point sur l’ensemble de son profil, en tenant compte des compétences professionnelles et personnelles (les soft skills), des aptitudes et des motivations. Il s’articule autour d’un projet d’évolution professionnelle, que celui-ci nécessite ou non une formation spécifique. Un salarié peut financer son bilan de compétences en utilisant son Compte personnel de formation (CPF). Si vous réalisez ce bilan de compétences en dehors de vos heures de travail, vous n’avez pas besoin d’en informer votre employeur. Dans le cas où vous souhaitez réaliser un bilan de compétences sur votre temps de travail, vous devez prévenir votre employeur et obtenir son accord. Les agents de la fonction publique (territoriale ou d’État) peuvent aussi bénéficier d’un congé rémunéré afin de réaliser un bilan de compétences, dans la limite des crédits acquis dans le cadre du Compte Personnel d’Activité (CPA). Des aides existent aussi pour les personnes en recherche d’emploi. Vous êtes en période de chômage ? Que vous soyez ou non indemnisé, vous pouvez bénéficier en tant que demandeur d’emploi d’un bilan de compétences. Vous devez vous rapprocher de votre conseiller Pôle emploi. Vous pourrez ainsi affiner votre projet de reconversion et déterminer les métiers qui répondent le plus à vos aspirations personnelles et professionnelles.

Faites-vous accompagner gratuitement

Le Conseil en Évolution Professionnelle est un dispositif d’accompagnement gratuit, qui apporte son aide à toute personne désireuse de faire un point sur sa situation professionnelle : salarié du privé, fonctionnaire, travailleur indépendant, profession libérale, artisan, personne en recherche d’emploi, autoentrepreneur, jeune sans diplôme ou qualification… Plusieurs organismes sont habilités dans le cadre du CEP : • Pôle emploi • L’Apec • Les Missions locales • CAP emploi (à destination des personnes en situation de handicap). Vous pouvez contacter de votre propre initiative l’APEC (si vous êtes cadre) ou la Commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR). Le rendez-vous se déroule sur votre temps libre, sans que votre employeur en soit informé. Plus d’informations : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32457

Financer une formation dans le cadre d’une reconversion

Plusieurs aides et dispositifs assurent le financement partiel ou total de votre formation.

Le Compte personnel de formation (CPF)

Le Compte Personnel de Formation (CPF) est un dispositif dont bénéficie chaque salarié. Grâce au CPF, il cumule des droits à la formation durant son activité professionnelle. Il peut consommer ensuite ses droits pour suivre les formations de son choix. Vous n’avez pas besoin d’obtenir l’accord de votre employeur pour choisir une offre de formation, et vous n’êtes pas tenu de l’informer si celle-ci se déroule en dehors de votre temps de travail. Vous pouvez cumuler jusqu’à 5000 € de prise en charge (8000 € pour un travailleur non qualifié) Vous pouvez vous connecter à moncompteformation.gouv.fr pour connaître vos droits et monter un projet. Un annuaire de formations dispensées par des organismes agréés est intégré au site. Note : Les agents de la fonction publique bénéficient d’un dispositif similaire dans le cadre du Compte Public d’Activité (CPA).

Le dispositif PTP

Le projet de transition professionnelle (PTP) remplace le Congé Individuel de Formation (CIF). Ce dispositif d’aide permet à un salarié de bénéficier d’une rémunération sur la durée de la formation certifiante, quand celle-ci est réalisée sur le temps de travail. La formation choisie n’a pas forcément de rapport avec l’activité exercée au moment de la demande, et peut donc s’inscrire dans un projet de reconversion vers un métier de l’immobilier. En fonction des revenus et de la durée de la formation (inférieure ou supérieure à un an), cette rémunération peut être égale au salaire moyen de référence. Pour être éligible à ce dispositif d’aide, un salarié doit témoigner d’une activité salariée de deux ans, consécutifs ou non, dont au moins un an dans la même entreprise. Vous trouverez toutes les informations sur https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F14018

Des financements pour les demandeurs d’emploi

Un projet de reconversion professionnelle dans l’immobilier peut être motivé par la perte d’un emploi. De nombreuses aides sont disponibles pour vous accompagner dans votre formation : Action de Formation Préalable à l’Embauche (AFPR), aide individuelle à la Formation (AIF), Action de Formation Collective (AFC), Préparation Opérationnelle à l’emploi (POE)… Le Conseil Régional peut aussi financer certaines formations. Vous pouvez solliciter votre conseiller Pôle Emploi pour bénéficier d’aides assurant une prise en charge partielle ou totale de votre formation : il est le mieux placé pour déterminer le(s) dispositif(s) adapté(s) à votre projet.

Trouver la bonne formation en immobilier

Vous avancez dans votre projet de reconversion, et vous recherchez aujourd’hui la formation qui vous ouvrira les portes de votre futur métier, vous donnera les compétences nécessaires et renforcera votre employabilité.

Les formations en présentiel

Les formations en présentiel affichent de nombreux atouts : • un cadre structurant avec des horaires et des échéances • l’émulation et la stimulation d’un groupe • l’interaction avec un formateur physiquement présent • une mise en condition plus facile (jeu de rôle, ateliers…) • une certification qui valide les acquis de la formation Les formations en présentiel sont souvent plus coûteuses, et ne sont pas accessibles partout : dans le cas d’une formation dans une autre ville, des frais associés au transport et à l’hébergement sont à prendre en considération. Elles sont parfois moins facilement conciliables avec d’autres impératifs personnels. Pour bénéficier de certaines aides, vous devez choisir un organisme agréé. Vous pouvez consulter le catalogue du site moncompteformation.gouv.fr

Les formations en ligne

Les formations en ligne séduisent un nombre croissant de candidats à la reconversion. Elles offrent en effet plusieurs avantages : • une grande souplesse dans l’organisation de son emploi du temps • un coût souvent moindre, pour une prise en charge dans le cadre du CPF ou du CPA • une qualité équivalente aux formations en présentiel, avec un suivi personnalisé • une certification valorisant les acquis de la formation Elles demandent en contrepartie une forte motivation, une organisation précise et un investissement personnel fort. Vous devez vous assurer que l’organisme choisi est bien agréé par le dispositif d’aide. En juin 2020, plus de 180 formations à distance ressortent sur l’annuaire du site moncompteformation.gouv.fr pour le mot-clé « immobilier ».