Le property Management en centre commercial : le profil idéal - Recrutimmo

Quel profil pour être Property manager en Centre Commercial ?

poignée de main devant maison
18/12/18

Bon gestionnaire, rigoureux à l’extrême, juriste chevronné… mais démontrant une capacité à raisonner “out of the box”, le profil du property manager en centre commercial est multifacettes, donc rare. Antoine Lainé, co-auteur de “Métiers et enjeux des services généraux”, aux Editions d’Organisation, maître de conférence associé à l’Université de Marne la Vallée et animateur du Master de “Management de l’immobilier” nous dresse le portrait du parfait property manager, évoluant dans un environnement par essence très mouvant : les Centres Commerciaux.

Les compétences requises d’un Property Manager en Centre Commercial

Selon vous, quelles sont les spécificités du property management en Centre Commercial ?

Très généralement, le property management consiste à gérer des patrimoines immobiliers commerciaux, en assurant leur rentabilité au regard des investissements réalisés. Cela implique d’optimiser en permanence les revenus que génère un Centre Commercial, environnement exposé en permanence à des mutations extrêmement importantes liées à la mode (boutiques de vêtements, chaussures, accessoires, informatique…).

Quelles compétences doit posséder ou développer un property manager pour réussir sa mission dans un Centre Commercial ?

Il ne suffit pas à ce professionnel d’être un bon gestionnaire, un juriste averti ou un stakhanoviste de la rigueur. Bien sûr, ces compétences sont recherchées, et même exigées ! Mais il en faut un peu plus pour s’épanouir en Centre Commercial. Il faut “flairer” des produits qui seront “tendances” la saison prochaine, il faut vivre avec son temps et même devancer la mode pour être en mesure de savoir quels seront les produits qui plairont au public et qui devront être présentés dans le Centre Commercial. J’en veux pour exemple un Centre Commercial qui a récemment subi une transformation totale, près de Saint-Germain-des-Prés. Ce site avait sa clientèle d’habitués et “ronronnait” un peu. L’arrivée de deux boutiques, Apple et Nespresso, ont complètement transformé la fréquentation du lieu… et donc reboosté les ventes. 

Or, c’est en proposant à des enseignes qui plairont au public de s’installer dans un Centre Commercial avant même que ces dernières ne connaissent un franc succès, que les marges de négociation seront les plus intéressantes. Cette nécessité est d’autant plus prégnante depuis l’avènement du commerce en ligne, qui, reconnaissons-le, a porté un coup très sévère au monde commercial, et en particulier à l’immobilier. Ce marché est effectivement beaucoup moins attractif qu’avant, et génère des revenus bien moins élevés. C’est cette capacité à avoir une “longueur d’avance” sur la mode qui différenciera un excellent property manager d’un professionnel aux résultats “moyens”.

Enfin, il est important de signifier que les grands Centres Commerciaux sont exposés à des problèmes de sécurité importants, comme une sécurité incendie renforcée, ou des menaces d’attentat. Il faut donc également être doté d’un bon sens de la pédagogie, pour être, le cas échéant, en mesure d’expliquer au public les dispositifs de sécurité mis en œuvre, comme le contrôle systématique des sacs, par exemple.

La formation d’un Property Manager en Centre Commercial

Au regard du profil atypique que doit posséder un brillant property manager, quelles formations sont proposées?

En tant qu’ancien vice-président du Syndicat professionnel des entreprises de multiservice immobilier et de facility management (Symepi), j’ai pu constater la carence de profils intéressants en property management, mais aussi en facility management et en asset management. C’est la raison pour laquelle, en 1994, j’ai pris activement part à la création d’une première formation de niveau Licence suivie, en 2000, d’une seconde de niveau Master, comportant trois branches : une branche property management, une branche facility management et une branche Asset management. Ces formations sont aujourd’hui toujours dispensées par l’Université de Marne-la-Vallée, mais également à l’Université d’Angers. 

Lors de leur création, elles répondaient à un réel besoin dans la mesure où ces professions manquaient de bras et de cerveaux. Leur objectif est donc de dispenser à des jeunes, majoritairement issus de formations courtes, comme le DUT ou le BTS “Professions immobilières”, non seulement, dès le niveau Licence, un socle commun de connaissances universitaires en droit, finances… puis, au niveau Maîtrise, une spécialisation en fonction de l’orientation de carrière souhaitée. 

L’admission se fait sur CV, lettre de motivation et entretien. Bien sûr, s’il est simple de mesurer le niveau de rigueur d’un candidat, il est quasiment impossible de déceler sa capacité à devancer la mode. En revanche, il est assez simple d’identifier, en cours de formation, les élèves qui auront le souhait de se lancer dans l’entrepreneuriat, le métier de property manager nécessitant d’être très autonome. Côté insertion professionnelle, jusqu’à ce que je quitte le corps enseignant il y a cinq ans, elle atteignait les 100%. Ce chiffre doit d’ailleurs toujours être d’actualité. Cela s’explique toujours par la pénurie de ce type de profils, mais également parce que ces formations sont dispensées en alternance. Ainsi, la quasi-totalité de nos étudiants reçoivent une promesse d’embauche avant même la fin de leurs études. Leurs employeurs diffèrent en fonction de leurs spécialités. Les facility managers trouveront généralement un emploi chez de grands maîtres d’ouvrage qui externalisent leur gestion. Les property managers intéresseront les grandes entreprises de property management (type BNP Real Estate, NEXITY, FONCIA…), ainsi que les grands propriétaires de patrimoines immobiliers qui ont conservé chez eux leur gestion d’administration de biens. Quant aux asset managers, ils seront remarqués par les grands groupes de gestion d'actifs pour compte de tiers ou par de grandes entreprises foncières.