Les Carnets de l'Immobilier - L’immobilier à la carte ou au menu: histoires de reconversions professionnelles.

Recrutimmo - Laurent Cirelli
20/05/20

"Très bon accueil, service impeccable, prestation de qualité… Je recommande !".
Cet avis que vous venez de déposer sur Google concerne bien sûr un petit bistrot dans lequel vous avez passé hier soir un moment idéal… Mais peut-être s’agit-il plutôt de l’agence immobilière qui a non seulement su trouver le bien que vous recherchiez depuis longtemps mais a également mis en œuvre un accompagnement parfaitement adapté à votre profil et à vos souhaits… Ce rapprochement qui aurait sans doute été improbable il y a quelques années encore est aujourd’hui tout à fait significatif de la transformation fondamentale qui s’est imposée à la transaction immobilière : abandonner le travail « au menu » pour privilégier celui « à la carte ».

Il est en effet maintenant bien établi que le secteur dédié aux services dans l’immobilier a vu évoluer sa clientèle - acquéreurs comme vendeurs, locataires comme bailleurs - vers une individuation des besoins et un recentrage sur la satisfaction qui nous oblige à adapter et ajuster en permanence notre offre de services.

Au-delà et simultanément, c’est à une véritable révolution des comportements que sont invités les acteurs de ce marché car l’époque où l’on pouvait se permettre une approche monolithique de la relation client est bel et bien révolue. Ainsi, l’adaptabilité, le sens du contact et de l’accueil pour ne citer que ceux-là sont des savoir-être devenus indispensables à l’immobilier de services.

Précisément, et puisque l’on se réfère ici au « menu » et à la « carte », n’est-ce pas chez les personnels issus de l’hôtellerie/restauration que l’on peut identifier un vivier de candidats tentés par une reconversion professionnelle et « prêts à l’emploi » car d’ores et déjà en possession des attitudes et réflexes souhaitables pour exercer le métier de négociateur immobilier.

Habitude des horaires « élastiques », puissance de travail, contraintes réglementaires « à tous les étages », rémunérations aléatoires… les rapprochements sont nombreux en effet qui peuvent être faits avec le secteur de la transaction immobilière… et celui-ci n’a d’ailleurs pas attendu l’actuelle crise sanitaire pour repenser son cadre de recrutement et l’ouvrir à des profils d’origines très variées en reconversion professionnelle ou pas.

Bien sûr, savoir dire « bonjour » en souriant, rechercher la satisfaction du client, ne pas compter ses heures et être endurant ne suffisent pas à faire d’un excellent chef de rang un bon conseiller en immobilier… mais la formation initiale qui est aujourd’hui dispensée par la plupart des réseaux d’agences de même que l’obligation de l’actualiser annuellement qui a été instaurée par la loi ALUR viendront compléter opportunément des savoir-être déjà présents chez les candidats issus de ce secteur d’activité et dont la reconversion professionnelle pourra ainsi être optimisée.

Et s’il est encore difficile voire impossible de mesurer précisément les conséquences qu’aura eues la période que nous vivons sur l’économie notamment il semble en revanche que des évolutions qui avaient déjà commencé à se dessiner devraient s’en trouver, pour certaines, confirmées voire accélérées : ainsi, la passerelle qui existait d’ores et déjà entre un restaurant et une agence immobilière risque t-elle bien de se consolider si l’on considère avec la plupart des « commentateurs » que la pierre est, elle, encore et pour longtemps une valeur refuge…