Les Carnets de l'Immobilier

Manager - Recrutimmo, Laurent Cirelli
25/03/20

Managers, responsables d’équipes commerciales… cent fois sur le métier remettez votre ouvrage !

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Lors d’une récente interview parue dans Le Monde Didier Deschamps (sélectionneur de l’équipe de France de football… faut-il encore le rappeler ?) affirmait: « Sans prétention c’est une fonction que j’appréhende avec plus de maîtrise. Ce n’est pas pour autant que je suis tombé dans une forme de routine avec mon staff, que l’on se contente de copier-coller. Au contraire il faut savoir se régénérer, évoluer y compris dans le discours. Avec un maître mot encore et toujours: s’adapter ».

Faut-il (aussi) le rappeler ? Didier Deschamps est double champion du monde dans sa spécialité: en tant que joueur et en tant que sélectionneur… (ce qui, rapporté à une activité commerciale, peut se traduire par « producteur » et « manager »…).

« Régénérer », « évoluer », « adapter »… autant de verbes qui devraient figurer au fronton de tout bureau abritant un manager ou un responsable d’équipe commerciale… et cependant… il y a parfois loin de la coupe aux lèvres (ou de la théorie à la pratique si l’on préfère)…

 
Pourtant, nous vivons des années plutôt fécondes pour nombre d’activités, notamment (et surtout…) pour l’immobilier, une période que les managers et responsables d’équipe pourraient (devraient) mettre à profit pour prendre un peu de recul et revoir leurs fondamentaux au cas où – on ne sait jamais – ils les auraient perdus de vue (voire jamais acquis)…

 
Car il est toujours pour le moins étonnant de constater que les titres – tout comme les étiquettes – ont la vie dure… on serait donc manager comme on est père de famille: c’est une affectation qui va de soi et n’est plus contestable… Mais doit-on comparer, sauf à se fourvoyer dangereusement, ce qui participe le plus souvent d’une posture avec ce qui relève d’une loi naturelle… ?

 
Or, ce qui était peut-être communément admis il y a un moment (un bon moment même…) ne l’est plus vraiment à une époque où toute autorité se voit au mieux habituellement sommée de se re-légitimer et au pire… franchement remise en cause.

 
Si l’on croise cette (fâcheuse ?) tendance avec une récente étude qui montre et confirme que, quels que soient les secteurs d’activité, les âges, les niveaux d’études… trois motivations arrivent dorénavant en tête pour les candidats à un emploi… - la RÉALISATION (c’est-à-dire l’envie d’accomplissement concret et personnel), l’ORGANISATION (autrement dit le besoin d’un cadre structuré avec pertinence) et l’AUTONOMIE (ou la possibilité d’évoluer avec une certaine liberté et des marges de manœuvre) - … nul besoin d’être grand clerc pour comprendre que les temps sont à l’adaptation et à l’innovation pour un manager ou un responsable d’équipe qui entend non seulement recruter de bons collaborateurs mais, surtout, les fidéliser…

 
Ainsi, les jours du « petit chef » sont comptés tout comme est de plus en plus contesté (et souvent contestable) le management vertical et/ou centré uniquement sur l’objectif. Pour celles et ceux qui ne l’entendraient pas encore de cette oreille il devient donc (très) urgent de se convaincre de la nécessité d’évoluer vers une gestion intégrant l’accompagnement par la formation et le suivi individualisé, l’écoute et l’assertivité, le partage (et non la rétention…) de l’information et pourquoi pas des décisions et des résultats, la culture de l’innovation, la mobilisation des talents à travers une vision collective porteuse de sens… etc, etc... La liste n’est pas exhaustive et gagnera sans nul doute à être « adaptée, régénérée… ».

 
Laurent Cirelli