Les Carnets de l'Immobilier

stop recrutement ? Recrutimmo - Laurent Cirelli
11/06/20

Recrutement dans l’immobilier: « stop ou encore » ?

Comme déjà dit dans une précédente chronique, il est encore difficile de mesurer avec précision les conséquences qu’aura eu, sur bon nombre de secteurs d’activité, la période que nous vivons… mais il apparaît déjà que l’impact sur l’emploi sera particulièrement sévère…

Qu’on en juge: pour le seul mois d’avril, le nombre de demandeurs d’emploi « sans aucune activité » a augmenté significativement (c’est peu de le dire) de 843.000 personnes par rapport au mois de mars : il s’agit de la plus forte hausse constatée depuis la mise en place de cette statistique… en 1996 ! Pour continuer et en finir avec cette sinistre comptabilité, on constatera que ce sont les jeunes (moins de 25 ans) qui sont les plus touchés et que les secteurs du commerce, du tourisme, des services ou encore de la construction constituent les plus gros « pourvoyeurs » d’inscriptions à Pôle Emploi dans la catégorie visée plus haut. 

 

Et à l’heure où nous écrivons ces lignes le dispositif du chômage partiel est encore d’actualité…

 

Alors, face à cette situation pour le moins anxiogène et passé les premiers temps du déconfinement, quelle peut (doit) être l’attitude des employeurs et plus particulièrement ceux du secteur économique qui nous intéresse, celui de l’immobilier ?

 

Inutile de se lancer dans de grandes conjectures pour répondre à cette question: deux tendances se dessinent déjà qui sont calquées peu ou prou sur les comportements constatés dés après la phase de « sidération » imposée par la crise sanitaire. 

Nombre d’acteurs en effet qui avaient déjà depuis un bon moment compris et intégré la nécessité de dématérialiser et digitaliser toujours plus de taches ont pu continuer et même optimiser encore leur activité pendant le confinement. Ce sont certainement les mêmes qui restent en veille permanente concernant l’adéquation des ressources humaines de l’entreprise avec les exigences du service tel qu’il doit être envisagé aujourd’hui. Ceux en revanche qui, malgré les nombreux signaux envoyés par le client, ont tardé à négocier ce virage (voire ne l’ont toujours pas pris…) se sont trouvés pour le moins empêchés d’assurer la continuité d’une activité qui s’en est donc avérée plus ou moins dégradée. Peut-être sont-ce les mêmes qui rechignent habituellement à étoffer leurs effectifs afin d’accompagner voire d’accélérer leur développement… 

 

La suite pourrait bien donner raison aux premiers car, à l’heure ou l’on évoque une possible récession à deux chiffres (11%...) du PIB, il est certainement temps de se donner tous les moyens nécessaires à la continuité et au développement de sa structure…. Assurément, l’un de ces moyens réside justement dans le renforcement d’effectifs qui étaient soit sous-calibrés soit juste suffisants pour assurer les missions attachées à une activité donnée. 

 

Si l’on s’attache au cas de la transaction immobilière, il y a fort à parier qu’un turn over significatif sera observé dans les prochaines semaines s’agissant de négociateurs qui vont malheureusement être confrontés à une cessation d’activité de l’agence dans laquelle ils exercent. Et le malheur des uns faisant le bonheur des autres… ce sera là autant d’opportunités de recrutement pour les structures les plus solides et novatrices qui sauront sans doute tirer profit de cette situation pour susciter l’intérêt des meilleurs candidats et assurer ainsi le développement de leur activité.

 

L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit rien moins que de distancer encore des concurrents qui, bien avant le « confinement » n’auront pas su (ou pu…) s’adapter à un environnement fortement évolutif. Pourtant, « gouverner (ou gérer) c’est prévoir »… : un promoteur  multiplie certainement ses chances d’initier des programmes immobiliers en additionnant ses « développeurs foncier », un administrateur de biens pourra sans doute mieux satisfaire ses mandants et donc accroître sa notoriété (et donc son portefeuille…) en étoffant son personnel dédié… les exemples ne manquent pas qui militent pour un engagement marqué vers l’avenir plutôt qu’un repliement sur le présent; même (et surtout) en temps de crise.

Au-delà, ce sont des parts de marché qui peuvent être perdues à terme si les acteurs concernés ne sont pas en capacité de répondre efficacement à de nouvelles demandes mais également à innover face à des « attentes client » qui ne cessent de grandir.