Les Carnets de l'Immobilier

alternance - Recrutimmo / Laurent Cirelli
12/06/20

Recrutement dans l'immobilier : Et si l'alternance était la solution ? 

Dès les premiers jours du « confinement », passé la phase de « sidération », beaucoup (trop) y sont allés de leur commentaire voire de leur pronostic  concernant le « monde d’après »… Et à les lire ou les entendre, c’était bien sûr une évidence: (dès le « déconfinement ») plus rien ne serait « comme avant »… !

Est-ce à dire, donc, comme annoncé par les mêmes, que les « derniers de cordée » devraient voir sous peu leur rémunération revalorisée en même temps que l’estime qui leur est due ?

Et est-ce à dire, également, que des sujets récurrents qui préexistaient au confinement, des « serpents de mer » comme on les appelle, vont enfin trouver des réponses à la hauteur des enjeux qui les sous-tendent ?

L’(in)adéquation parfois marquée entre formations et métiers, entre le monde de l’éducation et celui de l’emploi, voilà assurément un de ces sujets qui, au même titre que le déficit de la sécurité sociale ou la réforme des retraites, serpentent depuis des décennies entre les ministères concernés sans que des solutions véritablement pertinentes soient apportées.

Mais avouons-le, ce constat est quelque peu sévère pour ce qui concerne l’opposition formation/emploi si l’on considère que la prééminence longtemps accordée à la filière scientifique et aux enseignements magistraux a commencé d’être érodée il y a quelques années déjà au profit de voies plus pragmatiques et mieux adaptées au monde du travail : l’apprentissage, l’« alternance » en constituent de parfaits exemples, 

Acquérir des savoirs et des savoir-faire tout en les mettant simultanément en application au sein de l’entreprise : voilà le principe de l'alternance. 

Proposant deux dispositifs - le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation - et associant enseignement théorique au sein d’un établissement dédié et travail dans une entreprise ciblée, l'alternance présente de nombreux avantages: formation adaptée, rémunération garantie, expérience professionnelle appropriée et surtout promesse d’embauche le plus souvent assurée !

Et ce n’est pas un hasard si ce principe s’est plus particulièrement développé dans le secteur de l’immobilier, preuve en est le fort développement des écoles dédiées à l’immobilier qui s’appuient pour la plupart sur des formations en alternance : ESPI (Ecole Supérieure des Professions immobilières), ESI (Ecole Supérieure de l’Immobilier), IMSI (Institut du Management des Services de l’Immobilier), … 

Cette solution fait ainsi la différence : en effet, pour l’apprenant, c’est la certitude de pouvoir se former en pratique sur le terrain au contact de professionnels expérimentés et donc d’acquérir dans les meilleures conditions ce qui fait souvent défaut à la théorie, dans toutes les familles de l’immobilier (transaction, administration de biens, promotion immobilière, asset management, construction, etc.), en l’occurrence les « savoir-être » dont on sait qu’ils comptent dorénavant pour beaucoup dans le choix des recruteurs du secteur immobilier. Et c’est en outre la possibilité de se confronter au plus tôt à la (parfois dure) réalité du métier (prospection, gestion des clients, gestion de projets et des imprévus…) pour éventuellement pouvoir se réorienter lorsque l’on constate qu’il ne correspond pas vraiment aux attentes projetées. Et le secteur de l’immobilier offre tellement d’horizons différents que l’école choisie initialement permettra elle-même de « reclasser » l’étudiant dans une famille plus adaptée.
 
De même, pour l’employeur, l’alternance constitue un vivier de candidats qui, lorsqu’ils sont encadrés et accompagnés avec tout le sérieux et la disponibilité requis, ont d’ores et déjà intégré les méthodes, les particularités et la culture propres à l’entreprise concernée et au secteur qui nous intéresse, quand vient le moment de leur embauche ; la continuité du service, qu’il soit commercial (transaction, promotion immobilière, construction, …) comptable ou administratif (administration de biens, logement social), pourra ainsi être assurée. Et quand on sait que les métiers de l’immobilier connaissent un turn-over souvent supérieur à la normale, ce n’est pas un vain mot.

Certes, cette « formule » demande un véritable engagement de l’entreprise ainsi qu’un certain investissement (puisque le temps, dit-on, c’est de l’argent…) mais, pour mémoire et si l’on observe le seul secteur de l’immobilier, plus de 80% des employeurs affirmant rencontrer des difficultés à recruter, on voit mal pourquoi ces derniers feraient l’économie d’un tel « réservoir » d’aspirants. Encore, faut-il sauter le pas, et s’en donner les moyens …

Enfin, et s’il fallait avancer un dernier argument, on rappellera ici que, contrairement à certaines pratiques auxquelles trop de recruteurs adhèrent encore, une embauche ne s’arrête pas à deux signatures apposées au bas d’un contrat mais n’est pleinement achevée que lorsque l’intégration du candidat recruté a été accomplie et surtout… réussie ! D’ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler que 1 embauche sur 4 ne va pas au-delà de la période d’essai …

D’ailleurs, ce temps passé à intégrer tout candidat à son poste n’est-il pas le même que celui dévolu à l’accompagnement d’un alternant… ? Il s’agit dans les deux cas d’une histoire à écrire à quatre mains au moins. Avec, pour ce qui est de l’alternance, l’opportunité de pouvoir partir d’une page blanche.