Facility Management : une activité en plein essor - Recrutimmo

Le facility management : un secteur “tendance”

homme tenant une maison
18/12/18

Ils sont environ 10 000 en France et attirent un nombre croissant de jeunes professionnels désireux de conférer à leur carrière une dimension environnementale majeure : les facility managers. Si bien que le facility management devient aujourd’hui un levier tout particulièrement stratégique pour les entreprises.

Autrefois appelés “Responsables de services généraux” ou “responsables des moyens généraux”, les facility managers sont les garants de la bonne gestion et du bon fonctionnement d’un immeuble entier. Quelles sont leurs prérogatives exactes ? Comment se former au métier de facility manager ? Les réponses avec Antoine Lainé, co-auteur de “Métiers et enjeux des services généraux”, aux Editions d’Organisation.

Quelles sont les prérogatives exactes du facility manager actuel ?

Depuis une vingtaine d'années, ce métier a réellement fait peau neuve et c’est une situation qui s'est encore majorée après les Grenelle de l'environnement. Auparavant peu valorisé, on parlait du “Responsable des services généraux” uniquement lorsqu’il y avait un problème dans la gestion globale d’un immeuble. Aujourd’hui, le concept de facility management change la donne : le facility manager est devenu le bras armé de la Direction dans le domaine du développement durable et participe activement à la mise en place de la stratégie RSE dans chaque entreprise. En gérant les problématiques de consommation de fluides (comme l’eau ou les énergies) ils sont devenus des pivots dans les entreprises de moyenne et grande importance, car d’eux, dépendent le mode de vie et les habitudes de l’ensemble des collaborateurs. Habitudes dont il peut parfois être difficile de se départir…

Aussi, le facility manager doit-il être doté de certaines compétences pédagogiques pour pouvoir faire comprendre à l’ensemble des salariés pourquoi certains modes de fonctionnements internes (recours intempestifs aux impressions, par exemple) sont mauvais et pourquoi il faut en changer. Cette mission “d’arbitre permanent” est d’autant plus cruciale que le facility manager est en charge souvent de fournir chaque année un document, s’attachant à rendre compte de l’impact environnemental de l’activité de l’entreprise. Le facility manager ne doit ainsi pas seulement rendre compte de cet impact, mais justifier les performances de son mode de gestion global en se comparant avec les concurrents de l’entreprise.

C’est la raison pour laquelle le facility manager, pour mieux faire passer certains messages, peut être amené, en concertation avec certains autres services, comme celui de la Communication, par exemple, à créer des supports d’information interne sur le “pourquoi et le comment” changer certaines habitudes au travail. Le facility manager doit donc avoir reçu une formation de haut niveau et faire montre de qualités très larges, tant dans les domaines de la gestion, de la communication, qu’en termes de pédagogie, pour être en mesure d’échanger avec les collaborateurs et de justifier les décisions prises sur les plans environnemental et solidaire.

L’aspect solidaire du facility management peut-il prendre une autre forme qu’environnementale ?

Parfaitement. Vous savez que les entreprises sont tenues d’employer au moins 6 % de personnes en situation de handicap dans leur personnel. Cette obligation incombe aux facility managers qui se doivent de mettre en œuvre les conditions matérielles et organisationnelles pour accueillir ces personnes dans les meilleures conditions qui soient. Par ailleurs, on retrouve également des employés en situation de handicap eux-mêmes dans les services généraux, simplement parce que certaines missions peuvent parfaitement s’exercer dans le cadre d’une mobilité réduite, comme l'accueil ou le standard par exemple.

Quelles sont les spécificités du facility management dans le secteur de l’immobilier ?

Dans l’immobilier, un facility manager devra, également intégrer à sa démarche un aspect “flexibilité”, c’est-à-dire la capacité à analyser les postes de chaque collaborateur et à structurer l’espace de travail de chacun, de manière à ce que l’occupation de l’espace soit optimisée. Qui a besoin d’un bureau fermé ? Qui peut travailler en open space ?... . 

Cela étant, nous pouvons déjà souligner l’extrême importance pour un facility manager d’être au fait des performances environnementales pour des bâtiments édifiés ces dernières années, répondant aux normes HQE et labellisés par le CSTB. Rappelons qu’aux termes du Grenelle de l'environnement, en 2020, les bâtiments déjà construits devront voir diminuer de 38% leurs consommations énergétiques. Les facility managers sont en charge d'atteindre cet objectif majeur. Tous ces arguments plaident en faveur d’un profil d’expert dans ces domaines à la fois très techniques, stratégiques et relationnels.

Si demain, un jeune vous demande quelle est la meilleure formation en facility management, que lui conseilleriez-vous ?

Tout dépend de son niveau actuel. Pour atteindre un bac +2, je lui conseille de s’orienter vers un diplôme de type BTS ou DUT dans les fonctions techniques du bâtiment, comme dans le Génie thermique ou Electrique. S’il souhaite poursuivre ses études, une année de plus, la Licence Professionnelle en management du bâti, à Ville-d’Avray (92), ou à Vénissieux (69), me semble parfaitement adaptée au métier de facility manager. Mais je pense également aux Licences universitaires ou aux Masters de l’Université d’Angers (49) ou de Marne-la-Vallé (77) (peut-être lien vers l’article précédent qui décrit ces formations ?), et qui ont pour objet de former ces nouveaux cadres, pivots en alternance. Enfin, je mentionne l’existence, pour les ingénieurs disposant déjà d’une formation de niveau Bac+5 et qui souhaitent orienter leur carrière vers le facility management, des formations menant à un Bac +6, dispensées, soit à l’ESTP de Paris, soit à l’INSA de Strasbourg (67).

Le saviez-vous ?

Les 10 000 facility managers actuels exercent leur mission dans toutes les entreprises disposant d'immeubles tertiaires et industriels à gérer, pour un coût total de 140 milliards d’euros.

700 euros en province et le double à Paris : C’est le coût annuel du mètre carré de bureau dont le budget est géré aujourd’hui par le facility manager. C'est un des budgets les plus importants dans les entreprises