Compétence BIM et métiers de la construction | Recrutimmo

BIM : la compétence clé pour travailler dans la construction ?

Compétence BIM ingénieurs
18/12/18

Le BIM a le vent en poupe dans le secteur de la construction. Cette méthode de travail, qui tend à uniformiser et faciliter le partage d’informations à toutes les étapes de la construction et tout au lon de la vie d’un bâtiment ou d’une infrastructure, est de plus en plus utilisée et recherchée dans un secteur où l’intervention de nombreux prestataires et sous-traitants peut complexifier la mise en place d’une vision d’ensemble. Être « BIM-Friendly » serait-il devenu le nouveau sésame de l’employabilité dans les métiers de la construction ?

Comprendre la méthode « Building Information Modeling »

Lors de la réalisation d’un chantier, de nombreux corps de métiers vont intervenir : études et  conception, gros œuvre et second œuvre, finitions, entretien courant et pour finir une éventuelle démolition qui interviendra probablement un jour ou l’autre.

Avant l’arrivée de l’informatique, tous les éléments relatifs au projet étaient rassemblés notamment dans le CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières) et divers autres documents. Autant dire que la recherche d’une information particulière devenait rapidement fastidieuse ! 

Avec le BIM, l’idée est de réunir toutes les données utiles dans une base de données collaborative à laquelle les différentes parties prenantes du projet ont accès. Le rendu des informations passe par la réalisation d’une maquette numérique en 3D du projet, où sont représentées toutes les informations : chaque élément, chaque mur, chaque porte, chaque branchement sanitaire ou électrique est représenté avec tous les caractéristiques fonctionnelles et physiques, toutes les exigences architecturales, techniques ou règlementaires qui lui sont associées. 

Dans les faits, il n’y a pas de limites aux informations proposées par la méthode BIM : les échéances du projet, les ressources humaines ou matérielles allouées peuvent être intégrées à la maquette. Par exemple, un clic sur une porte dans un appartement modélisé en 3D permet de connaître la référence, les dimensions et autres caractéristiques détaillées du modèle de porte, la référence éventuelle et la couleur de la peinture à appliquer, la référence de la poignée, mais aussi la date de la pose et le prestataire qui se chargera de cette mission. Si la porte doit un jour être remplacée, le prestataire disposera grâce au BIM de tous les éléments requis.

Le BIM doit avant tout être perçu comme une base de données collaborative standardisée et extrêmement riche, qui intéresse toutes les parties prenantes au projet.

Des métiers d’expertise autour du BIM

Constituer une telle base de données autour de standards communs, s’assurer de la validité des données et les actualiser requiert des compétences spécifiques. Ces dernières années ont vu apparaître de nouveaux métiers autour du Building Information Modeling.

Le BIM manager ou Chef de Projet BIM est la nouvelle clef de voûte de ce processus qui vise à uniformiser et faciliter les échanges entre les différents professionnels de la construction. Ne s’improvise pas expert en Building Information Modeling qui veut ! La spécialisation intervient généralement après plusieurs années d’expérience en qualité de conducteur de travaux ou d’ingénieur technique : une connaissance pratique du terrain est indispensable pour mieux saisir tous les enjeux du BIM.

Le BIM Coordinateur doit quant à lui s’assurer que les directives et préconisations du BIM manager soient bien appliquées. C’est aussi un poste à responsabilité : il est en effet le garant de la qualité de la maquette numérique produite par son équipe. Il est un maillon indispensable sur les projets les plus conséquents.

Les BIM Modeleurs dessinent l’ouvrage en 3D, sous la supervision directe du BIM Manager ou, dans le cadre de projets d’envergure, du BIM Coordinateur. Ces techniciens ou ingénieurs possèdent de solides bases techniques et témoignent d’un sens aigu de la précision.

Ces métiers sont récents, les premiers postes ayant été proposés en France au début des années 2010, et possèdent encore des contours flous. Pour autant, la demande explose et des formations sont créées pour faciliter la montée en compétence des aspirants BIM managers, coordinateurs ou modeleurs. L'ENPC-ESTP propose par exemple un mastère spécialisé « BIM » de 400 heures, tandis que Socotec lance une certification d'utilisateur du BIM en 2019.

Une valeur ajoutée pour de nombreux profils

Au-delà des métiers spécialisés, d’autres professionnels ont tout intérêt à s’intéresser de près à ce sujet. Les profils à la recherche de postes d’encadrement dans les métiers de la construction gagneront de plus à plus à se familiariser avec ce processus. 

La mise en avant de la compétence BIM dépend encore pour l’instant de la nature de l’entreprise et des types de chantiers sur lesquels elle intervient. Une petite structure qui ne travaille pas encore sur des projets nécessitant un tel processus sera moins intéressée par cette compétence. À l’inverse, les grands groupes de construction sont de plus en plus sensibles à cette dimension et y voient une valeur ajoutée certaine au moment de sélectionner les meilleurs candidats. Des référents BIM sont désignés en effet au sein de nombreuses entreprises : ils deviennent les interlocuteurs privilégiés pour retranscrire aux autres collaborateurs les informations dont recèlent les maquettes numériques du projet.

Le Plan Transition Numérique dans le Bâtiment (PTNB), initié en 2014 par Madame Sylvia Pinel, ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité, va favoriser encore plus l’accélération du déploiement des outils numériques dans le secteur du bâtiment. 

Aujourd’hui atout sur un CV, la compétence BIM deviendra un incontournable pour tous les professionnels visant un poste à responsabilité au sein d’une entreprise dans le bâtiment et les travaux publics.